Délivrabilité des emails : comment fonctionnent les filtres anti-spam
De nombreux fournisseurs de cybersécurité, en particulier ceux spécialisés dans la protection des emails, utilisent désormais l'intelligence artificielle pour analyser le comportement des emails. Ces technologies examinent simultanément plusieurs aspects d'un message : l'identité de l'expéditeur, la structure et le ton du contenu, ainsi que la présence et la nature des pièces jointes, des liens et des images. Si un email présente des signes suspects ou dangereux, il est automatiquement filtré et bloqué, ce qui l'empêche d'atteindre la boîte de réception de l'utilisateur.
Voyons comment éviter que vos emails ne soient rejetés.
Le premier élément à prendre en compte concerne vos enregistrements techniques.
1. Enregistrements DMARC/SPF/DKIM
Les enregistrements DMARC, SPF et DKIM sont essentiels à la délivrabilité des emails et ont une influence directe sur la manière dont les filtres anti-spam analysent vos emails.
a. SPF (Sender Policy Framework)
Rôle : indique quels serveurs sont autorisés à envoyer des emails au nom de votre domaine.
Impact sur la délivrabilité :
- Si le SPF échoue → risque élevé de rejet ou de classification comme spam.
- Gmail, Outlook, Yahoo et d'autres services utilisent les résultats SPF pour calculer leur score de spam.
b. DKIM (DomainKeys Identified Mail)
Rôle : une signature cryptographique qui garantit que le contenu n'a pas été modifié après son envoi.
Impact sur la délivrabilité :
- Sans DKIM, les fournisseurs de messagerie modernes considèrent que l'email est « moins fiable ».
- Une signature DKIM valide améliore le score anti-spam et renforce la confiance dans le domaine.
c. DMARC (Domain-based Message Authentication, Reporting, and Conformance)
Rôle : fournit aux serveurs destinataires des instructions sur la marche à suivre en cas d'échec des vérifications SPF et/ou DKIM.
Impact sur la délivrabilité :
- Sans DMARC, un domaine est vulnérable à l'usurpation d'identité → les filtres peuvent se montrer plus suspicieux.
- Si votre DMARC est correctement configuré, vous avez beaucoup plus de chances de réussir les contrôles d'alignement.
Impact sur le filtrage des spams
Les filtres tels que Gmail ou Microsoft combinent l'authentification, la réputation et le contenu. Il en résulte que :
- Si les vérifications SPF/DKIM échouent et que le paramètre DMARC est défini sur « strict » → un rejet immédiat est possible.
- Si les vérifications SPF/DKIM sont réussies mais que DMARC est absent → un filtrage plus strict du contenu et un risque accru de se retrouver dans les dossiers « Promotions » ou « Spam ».
En résumé :
- SPF = qui est autorisé à envoyer des emails.
- DKIM = l'email n'a pas été modifié.
-
DMARC = que faire en cas d'échec de l'authentification + protection contre l'usurpation d'identité.
→ Ensemble, ces trois éléments constituent en quelque sorte votre « passeport » technique qui vous permet de passer les filtres avant même que votre contenu ne soit analysé.

*strl : strict
Il est donc essentiel de disposer d'un nom de domaine correctement configuré, avec tous les enregistrements techniques requis.
Une fois cette étape terminée, nous pouvons passer au deuxième point, qui concerne directement la qualité et le contenu de vos emails.
2. Contenu
Pour garantir une bonne délivrabilité, les filtres anti-spam analysent le contenu de vos emails mot par mot, image par image et lien par lien.
Il y a plusieurs pièges à éviter. Voyons quelques points essentiels.
2.1 Adresse email de l'expéditeur
Pour garantir une bonne délivrabilité, l'adresse email de l'expéditeur est tout aussi importante que le contenu.
Les filtres anti-spam analysent à la fois le domaine et le format de l'adresse.
Les emails provenant d'expéditeurs ou de domaines jugés peu fiables ou associés au spam sont automatiquement filtrés ou rejetés.
a. Utiliser un domaine personnalisé et authentifié
Nous vous déconseillons fortement d'utiliser des adresses email gratuites (comme @hotmail.com) pour les envois en masse. Ces adresses sont généralement mal perçues dans le domaine du marketing par email et, dans certains cas, des politiques de sécurité telles que DMARC peuvent bloquer vos messages.
Utilisez plutôt votre propre domaine personnalisé (par exemple @entreprise.com) avec des enregistrements SPF, DKIM et DMARC correctement configurés.
Évitez également d'utiliser des sous-domaines suspects ou récemment créés (comme promo2025-monsite.com), car ils sont souvent considérés comme peu fiables et peuvent rapidement être mis sur liste noire.
b. Adresses « No-reply@ »
Évitez d'utiliser des adresses de type « no-reply@ ». Ces adresses bloquent les réponses et limitent les interactions avec vos destinataires, ce qui réduit l'engagement et nuit, à terme, à votre réputation d'expéditeur.
Optez pour des formules de politesse qui encouragent la communication, telles que :
- contact@entreprise.com
- prenom@entreprise.com
- support@entreprise.com
Veillez à ce que le nom de l'expéditeur corresponde à l'adresse email utilisée. Cette cohérence est essentielle pour instaurer un climat de confiance tant auprès de vos destinataires que des filtres anti-spam.
- Mauvais exemple : Nom = “Service Client X”, email = promo@autredomaine.com
- Bon exemple : Nom = “Service Client X”, email = support@entreprise.com
c. Séparez les types d'envois
Il est important d'utiliser des adresses et des sous-domaines distincts pour les différents types d'emails afin de protéger et de préserver votre réputation d'expéditeur. Par exemple :
- Transactional: factures@monentreprise.com
- Marketing : newsletter@monentreprise.com
- Support : support@monentreprise.com
Cette séparation permet d’éviter qu’un problème sur un type d’email n’impacte pas la délivrabilité des autres.
d. Réputation et ancienneté du domaine
Les filtres anti-spam examinent souvent avec beaucoup de prudence les domaines et les adresses email nouvellement créés.
C'est pourquoi vous devez éviter d'envoyer un volume massif d'e-mails dès la création de votre nom de domaine. Un réchauffement (warm-up) progressif du domaine est absolument obligatoire.
2.2 Objet de l'email
Pour garantir une bonne délivrabilité, l'objet de votre email est examiné de près par les filtres anti-spam, et certains choix peuvent nuire considérablement à votre score.
Voici ce qu'il faut absolument éviter :
a. Mots et expressions susceptibles de déclencher le filtrage anti-spam
Certains mots ou expressions peuvent augmenter le risque que votre email soit classé comme spam :
- Mots suspects : gratuit, cadeau, urgent, 100 % garanti, gagnant, offre spéciale, promotion, cash, revenu, crypto, etc.
- Variantes camouflées : GR@TUIT, Fr33, $$$, qui sont détectées par les filtres.
- Formulations trop agressives : “Ne manquez pas”, “Dernière chance”, “Agissez maintenant”.
L’objectif est de rédiger des emails clairs et engageants sans déclencher les filtres anti-spam.
Ponctuation et symboles excessifs
Les FAI ont tendance à rejeter les emails dont l'objet contient des caractères spéciaux. Il est fortement recommandé de les éviter autant que possible.
Si vous souhaitez malgré tout les utiliser, faites attention à :
- Points d’exclamation ou d’interrogation répétés : !!!, ??, ?!?
- Symboles inutiles ou abusifs : $, %, ♥, ✔, 🔥(quelques-uns sont acceptables ; trop nombreux déclencheront les filtres).
- Emojis : évitez d’en abuser dans le corps de l’email.
- Majuscules intégrales : limiter leur usage, car elles sont souvent perçues comme agressives ou trompeuses par les filtres.
L’idée est de préserver la lisibilité et la confiance tout en évitant de déclencher les filtres anti-spam.
b. Majuscules
En effet, écrire l’objet ENTIER en MAJUSCULES est perçu comme agressif.
L'écriture de 1 ou 2 mots clés en majuscules, est toléré, dépassé, cela peut être mal perçu par les filtres anti-spam.
c. Les attrapes clics
Les promesses irréalistes (par exemple : “Gagnez 1000 € en une semaine” ou “Perdez 10 kg en 3 jours”) sont souvent perçues comme trompeuses par les filtres anti-spam. Tout message qui paraît “trop beau pour être vrai” risque donc d’augmenter fortement le score spam et de nuire à la délivrabilité de vos emails.
N'utilisez les titres trompeurs ou “clickbait”. Promettre un contenu qui n’apparaît pas dans l’email, ou exagérer volontairement, génère de la frustration chez les destinataires.
Résultat : plus de personnes cliquent sur “Marquer comme spam”.
Exemple à ne pas faire : utiliser "Votre facture est prête" comme objet alors que l'email est en réalité une promotion.
À titre préventif, notre filtre interne empêche l’envoi d’emails contenant ce type de titres trompeurs. Cela permet de protéger la réputation d’envoi et de réduire les risques de plaintes “spam”.
Nos recommandations :
- Soyez toujours clairs, précis et transparents dans vos emails.
- Réalisez régulièrement des tests A/B pour identifier ce qui fonctionne le mieux tout en préservant votre réputation d'expéditeur.
2.3 Nom de l'expéditeur
Le nom d’expéditeur joue un rôle énorme dans la délivrabilité, non seulement pour passer les filtres anti-spam mais aussi pour inciter le destinataire à ouvrir l’email.
Voici quelques bonnes pratiques pour l'optimiser :
a. Cohérence et reconnaissance
Utilisez toujours le même nom d’expéditeur pour construire et maintenir votre réputation.
Il doit être facilement reconnaissable par vos destinataires : évitez de passer d’un nom à l’autre comme “SAV”, “Newsletter” ou “Promo Team”, car cela peut semer la confusion et nuire à l’ouverture de vos emails.
b. Évitez les mots de spam
Il est important de faire attention au style et au contenu de votre nom d’expéditeur. Évitez les majuscules intégrales, comme “PROMO FLASH !!!”, les symboles ($, ♥, !!!) et les mots suspects tels que gagnant, gratuit ou urgent. Certains fournisseurs, comme Google, tolèrent mal les caractères spéciaux dans le nom d’expéditeur. Gardez à l’esprit que les filtres anti-spam analysent également cette partie, pas seulement l’objet de l’email.
Association votre nom d'expéditeur et votre adresse email
L’alignement entre le nom d’expéditeur et l’adresse d’envoi est crucial pour inspirer confiance et éviter les suspicions :
- Exemple correct : Nom = Julie de BoutiqueX, Email = julie@boutiquex.com
Si le nom ne correspond pas au domaine ou à l’activité, cela peut susciter la méfiance des destinataires et des filtres anti-spam.
💡 Astuce pour la délivrabilité :
- Les boîtes de réception analysent la réputation combinée de votre « Nom d'expéditeur + Adresse email ».
- Une fois que vous obtenez un bon taux d'ouverture avec un nom d'expéditeur spécifique → ne le changez plus.
2.4 Contenu de l'email (texte, liens et images)
Avant de travailler sur le contenu, il est important de prendre en compte la taille de vos emails. Au-delà d’une certaine limite, ils peuvent être automatiquement rejetés par les serveurs ou considérés comme suspects par les filtres anti-spam.
a. Taille de l'email
La taille du message affectera la vitesse de livraison et le temps d’affichage. Les emails au format HTML font généralement entre 30 et 60 kB. Au-delà de 100 kB, ils sont considérés comme trop lourds, il y a un risque de rejet.
b. Images
En matière de délivrabilité, les images dans le corps d’un email peuvent être un atout… ou un signal d’alerte selon la manière dont elles sont utilisées.
Pour rester sur la bonne voie, voici les bonnes pratiques à suivre :
- Évitez les emails 100 % image ou contenant très peu de texte. Les filtres anti-spam considèrent ce type de message typique de campagnes frauduleuses. Visez plutôt un équilibre d’au moins 60 % de texte et 40 % d’image.
- Choisissez soigneusement l'hébergement de vos images. Utilisez un hébergeur fiable et réputé, dédié à l'envoi et au suivi des e-mails. Évitez les hébergeurs gratuits ou inconnus (comme Imgur ou des hébergeurs d'images temporaires), car ils sont très susceptibles d'être mis sur liste noire.
c. Taille et dimensions des fichiers
Chaque image ajoutée augmente le « poids » global de votre email et peut affecter sa délivrabilité. Pour des performances optimales et des temps de chargement rapides, nous recommandons de conserver la taille totale de vos emails à moins de 100 Ko.
Quelques conseils supplémentaires :
- La largeur maximale conseillée pour les emails marketing est de 600 à 650 pixels, ce qui est compatible avec la plupart des clients de messagerie.
- Compressez vos images avant l'envoi pour réduire la taille des fichiers sans sacrifier la qualité visuelle.
Lorsque vous utilisez des images dans vos emails, privilégiez les formats adaptés à chaque usage :
- JPEG : idéal pour les photos.
- PNG : parfait pour les graphiques et logos avec arrière-plan transparent.
- GIF animés : acceptables, mais souvent lourds. Veillez à les compresser et à les utiliser avec modération.
Évitez de cacher du texte dans vos images. Les filtres anti-spam peuvent détecter cette tactique et classer votre email comme spam.
d. Ratio liens/texte
Vous devez aussi porter une attention particulière aux liens que vous incluez dans vos emails. Les filtres n'analysent pas seulement le nombre total de liens, ils évaluent la densité de liens par rapport au texte. Par exemple, un email très court de trois lignes contenant quatre liens peut paraître suspect.
Pour un email marketing standard, nous recommandons de limiter le nombre de liens à 1–3. Par exemple : un CTA principal (appel à l'action), un lien vers votre site et un lien de désinscription.
e. Qualité des liens
Évitez d'utiliser les liens raccourcis (type bit.ly, tinyurl…), car ils sont fréquemment associés au phishing. Utilisez des liens avec votre domaine personnalisé (ex. https://tondomaine.com/... ) ou un sous-domaine de suivi authentifié pour renforcer la confiance et améliorer la délivrabilité.
f. Répétition des liens
Il est tout à fait acceptable de répéter un lien plusieurs fois dans un email (par exemple, un CTA en haut et en bas), mais n'en abusez pas. Répéter un lien plus de 3 fois dans un email court peut paraître suspect.
g. Types de liens
Inclure trop de liens pointant vers différents domaines externes peut éveiller les soupçons, surtout si certains de ces domaines ont une mauvaise réputation.
Sachez que les filtres anti-spam évaluent les liens vers des images hébergées à l'extérieur de la même manière que les autres liens.
2.5 Pièces jointes
En matière de délivrabilité, les pièces jointes sont un terrain miné : elles peuvent facilement faire grimper votre score de spam ou entraîner un rejet pur et simple selon les filtres.
Les emails peuvent être rejetés si les pièces jointes contiennent des malwares, des ransomwares ou tout contenu suspect (ZIP, PDF, documents Office, etc.). Les liens intégrés peuvent également être bloqués s'ils mènent à des sites malveillants, en particulier via une analyse au moment du clic (validée au moment exact où l'utilisateur clique).
Voici quelques bonnes pratiques pour éviter les blocages :
a. Taille maximale des fichiers
- Idéalement : < 5 Mo par email (pièces jointes + corps du message).
- De nombreux serveurs filtrent ou bloquent les emails supérieurs à 10 Mo.
Plus un email est lourd, plus il est lent à envoyer et plus il attire l'attention des filtres.
Considérez les différents formats de fichiers et leur impact :
- Formats « sûrs » : .pdf, .jpg, .png, .txt.
- Formats à risque élevé (souvent bloqués) : .exe, .bat, .js, .scr, et les fichiers .zip contenant des exécutables, macros ou scripts.
- Les .docx et .xlsx passent généralement, mais soyez prudent avec les macros activées : certains filtres les rejettent par précaution.
Il est donc crucial de vérifier que vos fichiers ne contiennent pas de logiciels dangereux avant de les envoyer. Vous pouvez, par exemple, les analyser avec des outils en ligne spécialisés pour détecter virus, malwares ou ransomwares.
Appliquer ces recommandations est essentiel pour garantir une bonne délivrabilité. En suivant ces règles, vous augmentez les chances que vos messages atterrissent en toute sécurité dans la boîte de réception et contribuez à préserver la qualité globale de vos envois.
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